Fournisseur de machines de recyclage de plastique : savoir-faire, fournir la clé, créer de la valeur.
Au marché animé de Kimironko à Kigali, la capitale du Rwanda, une chose est frappante : l'absence de sacs en plastique. Ici, la conscience environnementale est profondément ancrée. Les vendeurs proposent volontiers des sacs en papier ou des cabas réutilisables, tandis que les sacs en tissu tissé et non tissé sont devenus des objets du quotidien. Cette remarquable transformation remonte à 2008, année où le Rwanda a promulgué une interdiction radicale de la production, de l'utilisation, de l'importation et de la vente de sacs en polyéthylène. Les contrevenants s'exposent à de lourdes sanctions. Cette mesure a non seulement assaini le marché, mais elle témoigne aussi du profond respect des Rwandais pour leur environnement.
01 Le changement à Kigali
Avant l'interdiction, les rues et les cours d'eau de Kigali étaient souvent jonchés de déchets plastiques, nuisant à l'esthétique de la ville, à la santé publique et aux écosystèmes. Aujourd'hui, la ville figure parmi les plus propres et les plus vertes d'Afrique. Les routes sont bordées d'une végétation luxuriante et la « pollution blanche » a quasiment disparu. L'interdiction a permis d'éliminer un matériau qui a jadis révolutionné le quotidien, mais qui a ensuite révélé son côté sombre : les sacs en plastique mettent des siècles à se dégrader, polluant les sols, l'eau et les océans, tout en menaçant la faune et la santé humaine.
02 Gouvernement et citoyens : un engagement partagé
Le succès du Rwanda repose sur une application rigoureuse de la réglementation par le gouvernement, conjuguée à une forte adhésion du public et à l'innovation du secteur privé. Alors que de nombreux pays développés débattent encore des restrictions sur le plastique, le Rwanda a démontré qu'avec une volonté politique, une responsabilité civique et la participation des entreprises, la pollution plastique peut être efficacement combattue. Les autorités ont eu recours à des campagnes médiatiques et à des inspections pour garantir la compréhension et le respect de la réglementation. Un homme d'affaires chinois, présent au Rwanda depuis plus de vingt ans, se souvient de ses doutes initiaux, jusqu'à ce que son magasin soit sanctionné pour l'utilisation de sacs en plastique. « Les lois strictes ne sont pas à prendre à la légère », a-t-il alors compris.
03 Nouvelles alternatives et opportunités commerciales
L'interdiction du plastique a stimulé le marché des alternatives écologiques. La demande d'emballages en papier a augmenté, profitant aux fabricants locaux comme Bonus Industries Ltd. Des supermarchés aux hôtels, les sacs en papier et les sacs réutilisables en non-tissé sont désormais la norme. Ce qui n'était au départ qu'une mesure réglementaire est devenu une habitude et une opportunité économique, prouvant que développement durable et activité économique peuvent parfaitement coexister.
04 L'influence mondiale du Rwanda
Le parcours du Rwanda, étalé sur une décennie, a inspiré des initiatives similaires en Afrique et au-delà. Le Kenya a emboîté le pas en 2017 en instaurant l'une des interdictions de plastique les plus strictes au monde, assortie de lourdes amendes et même de peines de prison pour les contrevenants. Résultat ? Moins de sacs plastiques dans les rues et les marchés, et une nette amélioration de la propreté urbaine.
À l'échelle mondiale, les Nations Unies recensent plus de 80 pays ayant instauré des restrictions sur le plastique, dont 28 en Afrique, notamment le Maroc et le Niger. Toutefois, des défis persistent, tels que la recherche d'alternatives abordables et la lutte contre le trafic transfrontalier de plastique. Comme le souligne Mohamed Atani, directeur régional pour l'Afrique du Programme des Nations Unies pour l'environnement, la coopération régionale et les efforts multipartites sont essentiels à un succès durable.
Lors du sommet du G7 de 2018 au Canada, le président rwandais Paul Kagame a partagé les enseignements tirés de la transition de son pays vers un environnement sans plastique. Il a souligné l'importance d'impliquer le secteur privé dans la conception de solutions : cela permet non seulement de réduire les réticences, mais aussi de créer des emplois et de nouvelles sources de revenus. Au final, tout le monde en profite : citoyens, résidents et visiteurs bénéficient d'un environnement plus propre et plus sain.
05 Conclusion
L’histoire du Rwanda dépasse le simple cadre d’une réussite nationale ; elle constitue un exemple puissant pour le monde. Elle démontre que grâce à des politiques résolues, une action collective et une réflexion novatrice, nous pouvons enrayer la pollution plastique. Alors que de plus en plus de pays rejoignent ce mouvement, le Rwanda apparaît comme un phare, illustrant ce qu’il est possible d’accomplir lorsqu’une nation s’engage à protéger notre planète, aujourd’hui et pour les générations futures.